Le bilan juridique et institutionnel de la Restauration (1814-1830)

Adrien LAUBA

Allégorie. Louis XVIII relevant la France de ses ruines (1814. LP Crépin) Un simple regard sur la période 1814-1830, suffit à en faire apparaître le trait essentiel : sa capacité à s’approprier les institutions et le droit des régimes qui l’ont précédé tout en les adaptant à un contexte social nouveau. Louis XVIII qui vient de rentrer d’exil en Angleterre où il a été fortement influencé par le régime parlementaire s’efforce de restaurer son trône sur des bases presque inédites, alors que Charles X qui lui succède tente de déterrer les formes et les principes de l’ancienne monarchie. En fait, malgré une réaction royaliste qui demeure superficielle, la Charte maintient habilement les acquis fondamentaux obtenus par la Révolution (égalité devant la loi, diverses libertés…) et jette les bases d’un régime constitutionnel encore inconnu et propice au dialogue entre les pouvoirs. L’un des intérêts de ce sujet est d’étudier avec objectivité, un régime qui a été longtemps délaissé bien qu’il ait connu une certaine pérennité et qu’il se soit révélé riche en innovations. Nous avons tenté de mettre en exergue comment le droit et les institutions de l’Ancien Régime, de la Révolution et de l’Empire ont été recueillis, adaptés ou transformés. Nous avons essayé de dresser un bilan général de ce que la Restauration a légué aux régimes qui lui ont succédé. Nous en avons conclu que le droit et les institutions de cette période sont loin d’être sclérosés et figés comme on aurait pu le penser de prime abord ; ils ont au contraire pour particularité de réaliser une synthèse du passé et de répandre les ferments de ce que deviendra le parlementarisme à la française.Louis XVIII - Charles X

A short look at the 1814-1830 period is enough to emphasize its most important characteristic: its capability to appropriate and to adapt to a new social context the previous regimes laws, rules, or institutions. Just returning from 25th years of banishment in England, Louis XVIII had been deeply influenced by its parliamentary regime. He endeavoured to restore the throne on a new basis, unlike Charles X his successor who wanted to reinstall the previous monarchic system. In fact, despite a seemingly superficial reaction the Charter skilfully keeps the fundamental rights gained by the Revolution (equality before the law, various freedoms…) and gives the basis for a previously unknown constitutional regime favourable to dialogue between the different powers. The 1814 text also reinforces the Napoleonic codes and administrative structures in their role as essential instruments the organising society. Moreover administrative law continued to be developed, despite a certain slowing whilst the management of public services was being streamlined. One of the interesting points of this subject is thus to study with objectivity, a regime which has for a long time been neglected despite it having lasted a certain time and that contained many innovations. We have tried to point out how the “Old Regime”, the “Revolution” and the “Empire” institutions, rules or laws were collected, adapted and transformed. In short, we have tried to draw up a general assessment of what the “Restoration” passed on to the regimes which followed. We have concluded that this period’s laws and institutions were, contrary to what we could at first think, far from being hidebound or fixed. Indeed, they do have the particularity of achieving a synthesis of the past and spreading the roots of what was to become the French parliamentary system.

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